Le cas du composteur collectif

Accueil > Blog > Le cas du composteur collectif

S’il y a un truc que j’ai retenu dans toutes les informations que j’ai ingérées dernièrement, c’est bien que pour réduire notre poubelle il faut composter tous les déchets verts. Pas vert-vert, mais verts. Organiques quoi. Sauf que, problème. Malgré une expatriation en province, nous ne disposons d’aucun accès extérieur dans notre logement. Ni balcon, ni jardin (faut pas déconner). Rien qui pourrait accueillir un joli compost qui pue.

Enfin si, il y a bien un parking dans notre résidence. Un endroit où sont stockées les énormes poubelles qui débordent, et quelques “espaces verts” (si on peut appeler 2 bouts de pelouse, 4 arbres et 3 arbustes comme ça). Alors, n’écoutant que mon courage et mon optimisme, j’ai téléphoné au syndicat de la résidence. Une fois, deux fois, et la troisième fois, miracle, j’ai joint une personne de type humaine. Je lui parle d’abord de mon plafond abîmé par un dégât des eaux – toujours pas réparé – mais ça c’est une autre histoire, et j’enchaîne directement pendant que je la “tiens” :

“Alors voilàààà, nous voudrions composter nos déchets verts – enfin-pas-vert-vert-mais…

– *silence au bout du fil*

– Ahem… Mais nous n’avons pas de balcon dans notre appartement. C’est pourquoi nous souhaiterions, s’il vous sied, déposer, avec la plus grande délicatesse, dans un tout petit recoin du parking, un composteur, auquel bien sûr toutes les personnes le souhaitant pourront accéder, s’il vous plait, très chère madame du syndicat…

– *soooooooooooooooouuuuuuppppppppppiiiiiiiiirrrrrrrrr*”

J’ai bien senti grâce à sa subtile réponse que je l’emmerdais au plus haut point. C’est vrai qu’on galère déjà pour obtenir une télécommande qui fonctionne pour accéder à la résidence, alors j’imaginais bien que cette question n’allait pas vraiment déclencher un remou de professionnalisme chez notre responsable. Mais je me suis dit que je n’aurais pas la conscience ZD tranquille tant que je ne serai pas sûre.

Elle m’a ensuite presque patiemment expliqué que ça allait être très (trop) compliqué. Parce qu’il faut un accord de toooouuus les propriétaires et que blablabli blablablo. Sachant qu’il y a peu de proprio habitant sur place et que ceux-là sont plutôt du genre à venir me voir quand je laisse l’enfant faire du vélo, l’été sur le parking désert, parce que le bruit d’un enfant heureux les dérange pendant qu’ils regardent la télévision. Nous ne sommes pas dans une crèche, bordel.

J’ai donc rangé mon idée de composteur collectif et je me suis attelée à trouver une solution pour la cuisine. Et il n’y en a pas 36. On opte soit pour un composteur – du type seau muni d’un robinet – avec activateur aux micro-organismes, soit pour le lombricomposteur – du type avec pleins d’étages et des vers dedans. Finalement, la solution se trouve droit devant moi, même si je n’ose la regarder en face il faut l’avouer.

Je n’ai aucune envie de payer et repayer des sachets de poudre pour activer mon compost alors que des vers feront la même chose – gratos – pour moi. Et encore, certains sachets en papier sont recyclables. Parce que j’ai quand même aperçu de loin, sur un site internet, un vaporisateur en plastique pour activer le compost mais j’ai vite détourné ma souris. Alors voilà, il n’y a pas d’autre choix que de passer au lombricompostage. Mais finalement, je me fais de plus en plus à l’idée d’avoir des vers de terre comme coloc. Ils me seront toujours plus utiles que mes 2 gros chats pas ZD du tout.

Reste encore le problème du prix. J’ai trouvé des modèles fabriqués en France avec du plastique recyclé (bien) qui valent une centaine d’euros (pas bien). Il y a aussi la possibilité de faire un DIY mais j’ai peur que la version boîtes en plastique made in China ne soit pas assez étanche, qui plus est avec 1 enfant et 2 gros chats qui traînent souvent dans la cuisine.

Mais il va falloir se décider rapidement parce qu’aujourd’hui, je deviens fébrile chaque fois que je jette des déchets organiques. Et puis j’ai tellement hâte de passer à un modèle de poubelle plus petit que j’en rêve la nuit.

Enfin presque.