Le cas du potager

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Quand on a débarqué à Bordeaux, il y a presque 4 ans maintenant, nous rêvions d’allier une grande ville pour notre vie sociale et une maisonnette avec jardin pour notre vie tout court. Toute proportion gardée, nos illusions se sont vite retrouvées noyées-écrasées-poignardéesàmort dans un marché immobilier compétitif, où le CDI fait loi. Forcément, avec un CDD de 6 mois, un régime d’auto-entrepreneur et une baybay sous le bras, il a vite fallu faire des concessions si on voulait se loger, tout court. Nous avions 1 semaine pour trouver. Nous avons finalement mis 1 journée. Tout ça pour atterrir aux Bassins à Flot, dans un quartier en travaux, à perpét du centre ville. Une chouette façon de revivre notre traumatisme parisien : habiter au fin fond du 16ème-pratiquement-au-bout-de-la-ligne-9.

Nous sommes restés 6 mois dans l’appartement. Et puis, on a senti [des fuites de gaz à répétition] [le froid parce que plus de chauffage en plein hiver] [la vitre de la cabine douche qui explose en mille morceaux] que c’était le moment de partir. Tu m’étonnes John ! Il a fallu se remettre en quête d’un logement, avec un autre CDD de 12 mois, un régime d’auto-entrepreneur et toujours un baybay sous le bras. Mission pas si simple mais encore une fois réussie en un temps record. Cette fois, l’appartement était refait à neuf, dans une résidence (qui s’la raconte un peu), à 2 coups de pédale des Capucins et de Saint Michel. On retrouvait finalement le bonheur de vivre dans un quartier sympa et très cosmopolite.

SAUF QUE, encore une fois, on ne voyait pas l’ombre du bout d’une extrémité d’extérieur. Ni jardin (au 1er étage forcément) ni balcon (et ça, ça pue un peu). Parce qu’en plus de, mon rêve de vivre pieds nus dans l’herbe (#saybo), s’évanouissait mon rêve de devenir une vraie femme de la terre et du compost. J’avais déjà la salopette (de grossesse), me manquait juste la pelle et le râteau grandeur nature pour me lancer dans un projet potager. J’étais hyper confiante dans ma capacité à faire pousser des trucs alors même que je n’ai jamais eu de plantes vertes et que je n’aime pas les fleurs. C’est donc la rage à la bêche que j’ai vu défiler les étés, le soleil et depuis quelques temps, les seaux de compost, en pleurnichant sur mes tomates (bio) achetées au marché (sans emballage).

On a remis le nez dans les annonces de location, en se disant que peut-être, mais non. 2 auto-entrepreneurs avec enfant grand, ça ne fait toujours pas le poids face aux sacro-saints CDI. On a ravalé notre fierté d’Antoine le jardinier et on s’est dit que si le potager ne venait pas à nous, alors nous irions au potager mon gars. Seule solution : un mini bout de carré d’espace dans le salon. Il fallait donc que ce soit pratique ET presque aussi esthétique qu’un catalogue Ikea (#not). On s’est triturés les méninges, on a fait preuve de mesures et de mètre déroulant, arpenté les magasins de bricolage (brrrrr – Leroy Merlin all over again) à la recherche d’idées et d’inspiration. Mais finalement, la solution était simple (ahah) : il fallait construire notre [rêve de] potager nous-mêmes.

Alors que je passais un samedi à bosser (et à manger des cookies au BdP), A. a pris les choses en mains et l’enfant sous le bras pour acheter le matériel nécessaire. Une simple meuble avec des étagères en pin, des planches, des clous et j’en sais rien. En tout cas, quand je suis rentrée, le salon était couvert de sciure et le meuble était presque terminé. Victoire !  Le lendemain, il a fallu mettre les mains dans le compost (aka le caca des vers) et jardinier (YAY !).

Bon, je dois bien l’avouer, planter des trucs, ça fait du déchet (#petitetapesurlamain). Déjà, parce que nous avons acheter le terreau Bio en… supermarché.

MAIS, nous avons opté pour le plus gros sac à plein tarif, plutôt que pour les 3 petits en promo. On a quand même une conscience bordel !
Les plants Bio, quand à eux, viennent de ma productrice adorée et de… Jardiland.

Parce qu’on a vu seulement après que BioCoop propose des bons plants bio et locaux. On le saura pour la prochaine fois quoi.

Aujourd’hui, le fruit de notre dur labeur, pas vraiment zéro déchet, se paie des jours paisibles dans le salon et pousse dans le compost DIY. Au final, nous avons planté des tomates cerise et pas-cerise, des fraises, du persil, de la ciboulette et la menthe. On essaie de penser à arroser régulièrement. Et on en profite pour montrer à l’enfant le temps et l’énergie que la nature demande pour nous permettre de nous nourrir avec des produits de qualitay (qu’il recrache parce que, je cite : “c’est aciiiiiide”). L’effet serre de la fenêtre super-bien-exposée fonctionne gavé. Les plants de tomates atteignent aujourd’hui le plafond – va falloir arrêter de pousser à un moment donné. On récolte quotidiennement, ou presque, quelques tomates cerises et 1 ou 2 fraises (pas assez pour nous nourrir mais assez pour flatter mon égo de Maître potager). Le thé à la menthe fait désormais légion et la ciboulette est pleine de pucerons (#shit) mais on est sur le coup.

On attend donc toujours notre maisonnette avec jardin (Nexity si tu nous entends) mais en tout cas, niveau potager on est pas mal. Reste plus qu’à trouver comment planter des carottes et des poireaux pour cet hiver, mais ça c’est une autre histoire…

PS : pour les plus curieux, notre potager d’appartement ressemble à ça :