Le cas de l’obsession

Accueil > Blog > Le cas de l’obsession

J’ai beaucoup de défauts, mais mon principal est : beaucoup d’impatience accompagnée d’une certaine dose de rigidité. Alors, si je devais faire le bilan de cette première semaine ZD, c’est bien que ce fût compliqué. Mélangées à un cocktail d’hormones explosif, ma frustration et ma mauvaise humeur n’ont été que grandissantes. Jusqu’à ce que.

Ma passion dans mon ancien métier était de faire des procédures, voire encore mieux des logigrammes. Parce que ça convient très bien à mon esprit rigide, d’avoir une marche à suivre, une finalité à laquelle on arrive étape par étape. Et c’est ce qui me manque dans cette démarche. C’est un apprentissage (oui comme le nom du blog l’indique #captainobvious). Il n’y a pas de méthode toute faite pour arriver au ZD. J’ai eu beau lire le guide de la famille (presque) ZD, écouter la TedX de Béa Johnson, regarder des reportages, je me suis retrouvée sur mon canapé, complètement submergée par tout ce qu’il me reste à faire. Alors, comme je suis moi, j’ai voulu tout révolutionner en même temps. Terminé le plastique, les aliments industriels, les emballages bien sûr, et le reste ! Fi-ni-to !

Sauf que ce n’est pas aussi facile que ça. On ne peut pas bazarder 31 ans d’habitudes de vie et l’intégralité de ses placards en 2 jours. Et on ne peut pas forcer les autres membres de la famille à nous suivre.

Je l’ai compris mercredi soir. A. a emmené l’enfant au supermarché asiatique pas loin de chez nous pour faire quelques courses. Cela partait d’une bonne intention, il voulait me faire plaisir et me remonter le moral avec un de mes plats préférés : un ramen. Sauf que, quand ils sont rentrés, j’ai examiné attentivement le contenu du panier. Chaque produit acheté était emballé, même les herbes aromatiques étaient dans un sachet jetable en plastique. J’ai été ulcérée, et je lui ai bien fait comprendre.

Il y a eu dispute, forcément, explications aussi, et remise en question du coup. Pour moi, il doit être impliqué autant que je le suis dans cette démarche, Pour lui, je dois lui/nous laisser du temps, parce que tout le monde n’avance pas au même rythme. Que ce sera long et parfois compliqué. Mais que oui, à la fin, on y arriverait. Et ça m’a soulagé.

J’ai arrêté de me focaliser sur les déchets. S’en était presque devenu une obsession. J’ai repris mes projets pro et perso. Je me suis même fait plaisir en achetant une surjeteuse pour avancer dans ces projets. Neuve, parce que d’occasion, je n’en trouvais pas. Et je n’ai pas culpabilisé, parce que j’ai arrêté de me mettre une pression d’enfer. J’ai accepté le fait que oui ça va nous prendre du temps et que oui on fera des erreurs aussi. Mais c’est une bonne chose, parce que c’est comme ça qu’on apprend.

Je vais donc prendre les choses une par une, comme elles viennent. Et puis je vais continuer à essayer de m’assouplir, autant au niveau de l’esprit pour le ZD, qu’au niveau des articulations pour la danse africaine.

Mais ça, c’est une autre histoire.