Le cas du lombricomposteur

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Nous avons fait un pas considérable dans le ZD. Ça y est, nous avons notre lombricomposteur. Mais, fuck, on en a chié et on en chie encore. Si je croyais cette aventure fastochelesdoigtsdanslenez, je me suis trompée misérablement.

Déjà, il y a le choix un peu forcé de passer au lombricompost. L’idée de mettre des vers de terre dans ma cuisine à accepter. Et enfin, il a fallu se lancer. Pour ça, le world wide web est une merveilleuse source d’information. Il existe des forums de gens “comme nous”, plus ou moins expérimentés, qui racontent leur problème, trouvent des solutions et donnent des conseils. C’est fort utile, parce qu’essayez de parler lombric au mec en face de vous à la cantoche et vous passerez pour la meuf un peu cheloue de service. Ce n’est pas vraiment répandue comme pratique.

On (j’ai) commencé par choisir le lombricomposteur qui allait faire notre bonheur, en comparant les marques, les tailles, les matières, les prix (obviously – parce que ça vaut une petite fortune quand même) et les provenances. On (j’ai) finalement opté pour l’Eco-worms parce que : ils sont fabriqués en France avec du plastique recyclé / rentrent dans notre cuisine / sont trouvables dans le coin / que nous n’étions pas obligés de vendre les 2 chats et l’enfant pour se le payer. Je vous le dis tout de suite, acheter un lombricomposteur d’occasion c’est mission impossible. Déjà, parce qu’à force de checker le bon coin, j’ai bien compris que PERSONNE n’en vend. Aussi, parce que c’est quand même crade parce que plein de caca de vers de terre.

Un samedi matin, A. m’a tendu la main, sourire aux lèvres. J’ai compris tout de suite. Mon rêve se réalisait enfin… Il m’a regardé amoureusement dans les yeux et la larme presque à l’oeil m’a dit : “Baybay… on va chercher le lombricomposteur si tu veux.” Ô joie, le grand jour était enfin arrivé. On a sauté dans la voiture, on a foncé vers Truffaut sans se retourner. Une fois là-bas, il a fallu arpenter les rayons un par un. Et finalement, il était là devant nous. Et il coûtait gavé cher. Plus cher en tout cas que le prix affiché sur le net. On réfléchit. L’enfant trépigne pour aller voir les animaux enfermés dans des cages. Not. Je passe 2/3 coups de fil dans les magasins alentours pour connaître leur stock et leur prix. Je finis par comprendre qu’il n’y en a pas d’autre et par entendre que “ce n’est pas un composteur normal alors vous savez on n’en vend pas beaucoup.” Ok.

A. finit par aller voir le responsable du rayon, discute un peu avec lui et revient me voir en m’annonçant qu’il a négocié le modèle d’exposition au prix internet. Hashtag chouette. Le mec finit même par nous offrir la litière en fibre de coco pour les vers. Hashtag rechouette.

Une fois à la maison, on s’est rendu compte que c’était quand même vachement grand un lombricomposteur. Mais en réaménageant le coin poubelles de la cuisine, on lui a fait sa place. Il était là, tout beau, tout propre, mais complètement inutile. Il a donc fallu se mettre à la chasse aux lombrics.

Rangez vos bottes et vos cirés tout de suite, les vers destinés au lombricompostage sont d’une variété bien particulière. On ne peut pas les trouver dans la nature. Il faut donc ruser. Et là, c’était un peu l’inconnu. Le plus simple aurait été d’en acheter – oui mais où – sauf qu’il était hors de question d’augmenter le budget. J’ai trouvé une annonce sur le bon coin d’une personne vendant 500 grammes de vers pour 5€, en dernier recours ça pouvait être notre solution. En postant des messages sur le forum ZD de Facebook, j’ai eu à peu presque zéro réponse… jusqu’à ce qu’une copine me parle du site Plus2vers. Yummy.

Ce site, en plus d’avoir un forum consacré, propose une carte permettant de géolocaliser des donneurs près de chez vous. J’ai été surprise du nombre de gens qui lombricomposte à côté de chez moi. 4 mails ont finalement été envoyés et 3 réponses sont arrivées. Tout le monde était prêt à nous filer des vers. Le soir même, A. nous a déposé l’enfant curieux et moi en bas d’un immeuble presque voisin. Nous avons rencontré un étudiant d’une vingtaine d’année se définissant comme “passionné par le compost”. Ok. On a pu échanger sur nos différentes expériences et repartir avec un tupper rempli de vers de terre.

Voilà, nous avions tout, on pouvait commencer à lombricomposter. Sauf que hophophop, ils sont sensibles ces lombrics. Il faut en prendre soin, ne pas les brusquer, être patient – et la patience ce n’est pas mon fort. J’ai dû m’y faire, leur filer quelques épluchures par ci, et quelques coquilles d’oeufs par là. Toujours alimenter en matière carbone aussi. Les vers se sont multipliés. Mais il est toujours difficile pour nous de trouver la bonne marche à suivre. On se pose beaucoup de questions. Est-ce que la moisissure c’est normal ? Oui. Est-ce qu’on peut leur filer des peaux de kiwi coupées en petits morceaux ? Wi. Sans qu’on s’en rende compte, on se retrouve à materner des vers.

En début de semaine, j’ai envoyé un message à une copine qui a aussi un lombricomposteur pour lui demander des conseils. Mes vers se faisaient la malle, j’en retrouvais au milieu de la cuisine. Elle m’a demandé des photos ragoûtantes de l’intérieur, on a discuté et on s’est finalement rendu compte qu’ils avaient simplement la dalle. A force d’entendre qu’il faut y aller doucement, on ne les alimentait pas assez !

Finalement, le lombricompostage est un art délicat, parce que c’est aussi tout un écosystème qui est en train de se créer dans ma cuisine. Mais quand on commence à voir les premiers cacas de vers apparaître, on ouvre une bouteille de vin pour se féliciter.

🙂